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Lorsque Thibaud Dooms a accepté son premier grand rôle dans le monde stimulant du cinéma belge, il a su qu'il ne le quitterait plus. L'intense rôle principal dans le film de Koen Mortier, "Skunk", est décidément un rôle à marquer d'une pierre blanche. Nous avons rencontré Thibaud au Budascoop à Courtrai pour parler de mondes de rêve, de costumes de rêve et de rôles de rêve.
"Le pouvoir d'un rôle réside dans la transformation qu'il implique.
Thibaud explique de sa voix douce et reconnaissable. "Le rôle (de Liam) m'a beaucoup apporté, une sorte de puissance intérieure". Le jeune acteur se met à nu sans complexe et se montre reconnaissant de cette évolution forcée.
"Cela m'a permis de réaliser que je pouvais être masculin et fort, au sens le plus direct du terme. Cela m'a libéré de nombreuses opinions préconçues que j'avais sur moi-même". "Il faut être dedans pour vraiment comprendre", poursuit-il, "cela peut sembler évident, mais chaque rôle contient de nouvelles façons de regarder le monde autour de soi, de se regarder soi-même". Ainsi, jouer n'est pas un "métier" pour Thibaud, c'est plutôt un état d'être auquel il accède activement chaque jour. Une pratique de l'expérience, de l'écriture et du souvenir. "C'est pourquoi le rôle dont je rêve est quelque chose de très physique, de magique. Quelque chose de surnaturel, une entité - quelque chose d'emblématique. Quelque chose qui me permette de découvrir une façon de présenter d'une manière que je ne peux même pas imaginer pour l'instant.

C'est une bonne description de la façon dont Thibaud vit le cinéma lui-même, comme un moyen d'être transporté dans un monde complètement différent. "Cela m'apaise vraiment. Je planifie volontairement ma visite à des moments où il n'y a pas trop de monde. Je nourris mon enthousiasme en lisant les détails, en me renseignant sur le battage médiatique". Il trouve ensuite une place dans la salle de cinéma, un café à portée de main, et laisse le film faire son travail. Mais il ne s'arrête pas au générique. "J'essaie d'emporter l'ambiance avec moi aussi longtemps que possible", poursuit-il. Pour maintenir ce sentiment, il joue de la musique du film ou fait une longue promenade. "Parfois, j'ai l'impression de marcher dans un film". ajoute-t-il en riant. Le cinéma se vit aussi physiquement, ce qui renvoie à la notion de vêtement. C'est pratiquement la première chose que les gens remarquent lors d'une rencontre, juge Thibaud. "C'est pourquoi je pense que les chaussures sont importantes : elles en disent long sur une personne, elles définissent sa façon de marcher et de se tenir. Assembler une tenue, c'est un peu comme créer un personnage - vous pouvez l'utiliser pour projeter de l'assurance. Ou tout le contraire. C'est pourquoi je peux me sentir mal à l'aise lorsque je porte quelque chose que je ne "ressens" pas.
Dans sa recherche de tenues, Thibaud parcourt l'internet. Il est possible d'obtenir des conseils en s'adressant à un jeune créateur, ce qui crée en même temps une relation symbiotique fructueuse. "Le vêtement est quelque chose de vulnérable", décide-t-il, "aimer quelque chose et le porter sont souvent deux choses très éloignées l'une de l'autre". "J'y travaille encore, je l'admets. Porter des articles avec confiance - juste parce qu'ils me plaisent". Cela reflète le dévouement et l'intensité avec lesquels Thibaud aborde sa carrière et sa vie. Une attitude que nous ne pouvons que respecter.





